Les consultations solidaires d’une assistante sociale privée (interview)

Qu’est-ce qu’est une assistante sociale privée? Et des consultations solidaires?

LES REPONSES sont dans cette interview de Stéphanie LADEL, Consultante Sociale diplômée d’Etat et fondatrice de Cabinet Social.

En voici quelques extraits :

Du temps pour écouter

C’était un des grands objectifs de ma mise en indépendance. C’était effectivement que je voulais pouvoir consacrer du temps aux gens, et consacrer beaucoup, beaucoup plus de temps au cœur de notre métier, qui est en fait notre méthodologie de base ; c’est l’écoute. Et pour écouter quelqu’un, et l’écouter en profondeur, il faut forcément du temps.  (…)

Cette compression du temps empêche en fait d’exercer proprement, on va dire tel qu’on le voudrait, notre profession. Donc je suis partie sur l’idée de proposer des consultations d’une heure, une heure pleine, en sachant que quand, et c’est le cas, quand mon emploi du temps n’est pas plein à longueur de journée, je fais en sorte aussi de me donner l’occasion de déborder. J’ai ce besoin-là de répondre à cette attente d’écoute des gens.

Des consultations à distance…

Pour tout ce qui est de l’écoute et du soutien psychologique, il faut savoir qu’il y a des gens qui font appel à nous quasiment que pour cette intention-là. Et puis j’ai développé une offre en face-à-face, évidemment, comme tout le monde ; mais aussi, comme le font des collègues dans des permanences téléphoniques, moi je vais proposer une écoute et une consultation à distance, au téléphone, ce qui va permettre de m’étendre sur le plan spatial et sur le plan temporel. Donc, je vais travailler 7 jours sur 7, de 7h du matin jusqu’à 22h le soir. 

Là où j’ai créé ce concept-là (les consultations solidaires) , c’est qu’il y a des personnes qui me contactent à des heures impossibles, qui ne vont absolument pas bien, qui n’ont pas d’autre interlocuteur et qui n’ont aucun moyen de payer. Et ma contrainte en tant que libéral, c’est celle-là, c’est qu’effectivement une consultation à distance pour pouvoir parler, débriefer, poser toutes ses valises et sa souffrance c’est 35 euros.

Et il y a des personnes qui m’appellent qui ont 14 ans, 16 ans ou 18 ans ; il y a des femmes qui n’ont pas accès à leur argent ; il y a des personnes qui sont sous tutelle… Il y a des personnes qui n’ont absolument pas d’argent parce que la situation fait qu’elles n’ont pas accès à leur argent ou qu’elles n’ont pas d’argent et elles se retrouvent avec une énorme souffrance, intense, urgente, un interlocuteur au bout du fil avec qui ils ont parlé pendant quelques minutes, qui leur explique que la contrainte pour la pérennité de sa propre activité c’est celle-là, qui essaie de les orienter vers des plateformes téléphoniques de type associatives, qui sont gratuites, qui fonctionnent 24h sur 24, et que la personne ne l’entend pas. Elles ont déjà essayé, elles les ont trouvé indisponibles, ça ne leur convient pas,…

… aux consultations solidaires

Et là j’ai un blocage. Donc j’ai voulu trouver un mode de financement pour pouvoir garder ces personnes au bout du fil et parce qu’elles ont besoin une fois dans leur vie de parler pour ne pas craquer, pour ne pas « faire une bêtise », pour ne pas faire une tentative de suicide, pour ne pas faire du mal à quelqu’un d’autre. Elles ont ce besoin-là. J’ai essayé de trouver quelque chose.

Et on parle énormément beaucoup de crowdfunfing. Il y a des entreprises qui lancent des campagnes de financement participatif pour financer une idée, un concept qu’elles ont, et il y a des donateurs qui ont un élan de générosité pour ces entrepreneurs qui ont une bonne idée, et voilà. Et je me dis : « Mince ! » Moi, effectivement, j’avoue, je suis aussi entrepreneur, je ne suis pas une association et cetera, j’avoue ; mais c’est surtout que là, l’idée c’est de pouvoir aider des gens qui sont vraiment dans une situation intense. Et je m’en porte garante, je ne l’utilise que dans ce cas de figure-là où les personnes sont inorientables plus loin, elles sont vraiment dans une détresse telle qu’il faut que j’arrive à ne pas raccrocher.

Et j’aimerais pouvoir dire qu’une chaîne de solidarité est possible. Ce qui est intéressant pour ces personnes-là, qui sont au bout du fil aussi. C’est de dire : «OK, je vous aide quand même. Et vous savez pourquoi je vous aide quand même ? C’est parce qu’il y a des gens derrière moi, qui ne vous connaissent pas mais qui ont pensé à vous, qui sont prêts à vous donner ce coup de pouce parce que vous en avez besoin. Donc l’idée c’est de créer ça. »

Si vous souhaitez en savoir plus sur la genèse, le pourquoi, le comment et les projets de Cabinet Social, découvrez également cette autre interview.

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