Aider une personne à sortir de la drogue

Les pièges à éviter
Les stratégies à adopter

Comment aider une personne dépendante :
– à une substance (tabac, alcool, médicaments, stupéfiants,…)
– ou à un comportement (jeux d’argent, sexe, sport, travail, achats, jeux vidéo,…) ?

1. Repérer où en est cette personne

Cette première analyse est cruciale, car trop souvent l’entourage voudrait aider cette personne « en décalé », ce qui est totalement inopérant.

– Nie-t-elle avoir un problème avec la drogue ? Elle est alors au stade du déni, de loin le stade regroupant le plus d’addicts. Elle ne se soucie pas de sa dépendance, qu’elle ne considère pas être un problème.

– Reconnait-elle ce problème, sans pour autant avoir pour ambition de s’en extirper ? Elle est en phase de prise de conscience. Cela lui permet de connaitre plus ou moins précisément son état, de comprendre pourquoi on s’inquiète pour elle, et de faire des choix avec plus ou moins de volonté.

– Est-elle engagée dans un processus d’arrêt de cette drogue ? En ce cas elle est en période de sevrage, c’est-à-dire dans une lutte, avec plus ou moins de force.

– Ou bien a-t-elle besoin de garder ses distances avec cette addiction, dans la persistance, après avoir réussi à la faire sortir de sa vie ?

Sortie de l'addiction - schéma iceberg - drogues avec ou sans substances - déni, prise de conscience, sevrage, persistance - Cabinet Social, Stéphanie LADEL

2. En déduire ce qu’il faut faire, et ne pas faire

En phase de déni

Vous souhaitez aider une personne à sortir de sa dépendance, mais elle-même refuse votre diagnostic, et dit ne pas être « accroc » ? Gardez en tête qu’elle ne sait pas qu’elle est dépendante.

– Ne lui demandez pas de se ressaisir ou de se sevrer
– Ne la jugez pas, ne la dévalorisez pas
– Ne la surveillez pas, ne l’infantilisez pas

C’est difficile, n’est-ce pas ? Cela vous semble important, nécessaire ou viscéral de dénicher les bouteilles d’alcool cachées et de les vider dans l’évier, par exemple. De hurler ou de déverser froidement ce que vous pensez de son attitude. De lui demander d’arrêter. De perdre confiance. De perdre patience. C’est surement « naturel », habituel de la part de l’entourage. Mais c’est aussi surement inefficace.

Tout l’enjeu ici sera de lui faire prendre conscience de son addiction, tout en gardant une position saine envers elle. Or, à ce stade, il est rare que la personne sous emprise accepte de rencontrer un spécialiste, et à moins d’une urgence médicale il ne nous est pas permis d’initier un contact avec elle.

Pour parvenir à cet objectif, VOUS pouvez consulter un professionnel soumis au secret professionnel qui vous formera, déterminera avec vous les comportements à adopter, et vous soutiendra dans cette démarche, parfois longue (mais efficace).Contactez-moi !

Tableau - Sortir de la drogue - Phases de déni et de prise de conscience - Cabinet Social, Stéphanie LADEL

En phase de prise de conscience

Là encore, n’allez pas trop vite, au risque de perdre la relation de confiance que vous avez avec la personne dépendante :

– Ne la culpabilisez pas, ne lui présentez pas la liste des conséquences de son addiction
– N’ayez pas d’exigence, ne lui imposez pas de consulter ou de se sevrer
– Ne doutez pas de ses difficultés à « se réveiller »

Le déni, c’était pour elle, quelque part… plus facile. Réaliser que l’on est dépendant, que l’on a un comportement anormal, que l’on est allé trop loin et qu’on ne maîtrise plus sa relation à la drogue, que l’on ne SE maîtrise plus, est violent, choquant, déroutant.

C’est alors que la personne pourra choisir de se confier, en général à un interlocuteur reconnu et neutre plutôt qu’à son entourage, et en imposant des limites dans l’exposition de soi (consultations à distance, anonymes, durant lesquelles tout ne sera pas avoué,…). Et parfois, elle préfèrera ne pas se confier du tout.

Aussi, deux cas peuvent se présenter :

– La personne accepte et peut être accompagnée par un professionnel, qui l’aidera à acquérir une meilleure connaissance de sa situation, et lui proposera de la faire évoluer avec son soutien.

– Elle refuse cet accompagnement et vous restez le seul levier d’aide. Dans ce deuxième cas particulièrement, mais aussi dans le premier cas, vous pouvez vous faire accompagner pour mettre en place de bonnes pratiques relationnelles et pour déverser votre trop-plein dans les moments difficiles.

Le temps et les expériences peuvent amener de nouvelles décisions, comme celle de se faire accompagner dans un sevrage après plusieurs essais autonomes qui ont échoué. Contactez-moi !

Addictions et liberté - Perte de Contrôle - Reprendre le contrôle - Cabinet Social, Stéphanie LADEL

En phase de sevrage

Si la personne sous emprise d’une drogue choisit d’entamer un sevrage, elle entre dans une phase particulière, qui a elle aussi son lot de difficultés. Encore une fois, ne soyez pas en décalage : se sevrer n’est pas consolider son sevrage, forcer l’arrêt n’est pas persévérer dans son abstinence…

– Ne sous-estimez pas la difficulté de s’extirper d’une drogue, avec ou sans substance
– En cas de rechute, ne la culpabilisez pas, et ne désespérez pas
– Ne criez pas non plus victoire trop vite

Se sevrer est à peu près aussi difficile que de marcher sur un fil. Il faut beaucoup de courage pour se lancer, un équilibre sans cesse remis en cause pour avancer, et une victoire acquise avec le temps et la distance.

Là encore, de nombreux pièges existent. Vous avez envie d’y croire, au point de ne pas supporter une éventuelle rechute. Ou, au contraire, vous avez l’impression que la personne est trop faible, ne s’y prend pas bien, devrait plutôt faire ceci ou ne pas faire cela… Les tentations d’ingérence, de surveillance, de jugement sont présentes. Pour lutter contre :

– Proposez à la personne en phase de sevrage de se faire aider par un professionnel qui lui apportera compréhension, soutien et conseils pratiques. Souvent, elle-même en éprouvera le besoin, et sera mieux à l’aise d’avouer une dépendance qu’elle se sent apte à « archiver ».

– Faites-vous accompagner : de bonnes pratiques existent, des pièges sont à éviter, et il serait dommage de commettre des erreurs à vouloir bien faire. Contactez-moi !

Tableau - Sortir de la drogue - Déni, prise de conscience, sevrage, persistance - Cabinet Social, Stéphanie LADEL

En phase de persistance

Persistance n’est pas sevrage. Les dangers à éviter ici sont spécifiques à ce plateau atteint par l’ex-addict, ou dépendant abstinent. Ces termes ne disent pas tout à fait la même chose, et il ne faut pas s’y tromper…

– Ne tentez pas le diable : une vérification pourrait se transformer en rechute
– Ne regardez pas cette personne aujourd’hui en voyant son image passée
– Ne minimisez pas son combat actuel, qui est moins intense mais doit être constant

Le principal risque, ce sont les rechutes. Il reste donc important d’agir avec clairvoyance.

– Interpelez un spécialiste qui saura vous écouter et vous conseiller de manière appropriée, à chaque fois que le besoin s’en fait sentir.

– Invitez la personne abstinente à faire de même.

A bientôt !Contactez-moi !

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